On ne sait jamais ce que lavenir nous réserve. Marcel Favreau, né en 1921, est laîné dune famille dévote et sévère. Son père, un représentant de commerce, peignait des affiches à temps perdu. Le jeune Marcel quant à lui, sans se considérer particulièrement doué, aimait dessiner pour soccuper les jours de pluie. Il aimait en fait par-dessus tout la musique et rassemblait ses économies pour sacheter un piano, au grand dam de sa mère qui craignait que cela ne lentraîne dans une vie de débauche. Musicien autodidacte, il finit même par donner des cours aux jeunes filles du voisinage pour se faire de largent de poche. Lassé de lenseignement de lÉcole du Plateau, Marcel Favreau sinscrivit aux cours du jour et de soir à lÉcole des beaux-arts de Montréal en 1938. Il allait y passer les quatre années suivantes dans une totale félicité, ayant le sentiment que cette voie était pour lui libératrice. Pour subvenir à ses besoins, il peignait des portraits dans les restaurants du quartier, de même que des affiches, comme son père. Ayant du mal à joindre les deux bouts, ce dernier lui suggéra de se trouver un emploi stable comme conducteur de tramway - ce quil fit. À la fin des années quarante, il trouva du travail dans une firme dart publicitaire. Un soir, alors quil pénétrait par plaisanterie dans une église évangélique, latmosphère le subjugua complètement, au point quil finit par devenir prédicateur et voyagea dans tout le pays pour propager sa foi. Il nen continuait pas moins à peindre, travaillant dans les forêts alentour ou à sa fenêtre, mais uniquement à titre de passe-temps et pour échapper aux contraintes de ses obligations religieuses. La perte de son fils, mort dun cancer en 1960, le plongea dans des émotions difficilement conciliables avec ses convictions. Marcel Favreau se consacra alors à lart. Comme toujours, il allait sinvestir à fond dans ce quil faisait. Désireux de retrouver le milieu artistique, il se trouva un poste de graphiste. À lâge de 47 ans, il décida de se consacrer à temps plein à la peinture et ouvrit une galerie. Toutefois, ses principaux clients, des gens du quartier venant simplement jeter un coup dil, ne suffirent pas à rentabiliser son commerce. Il vendit ses oeuvres dans les exposition pour finir par rouvrir une galerie quil tenait avec sa femme et qui finit par prospérer, lui offrant ainsi la vie dartiste idéale : peindre et vendre ses toiles. Indifférent au principal courant artistique qui gravitait autour de labstraction, Marcel Favreau peint des tableaux de paysages figuratifs de tous les coins du monde. À la recherche de lieux inspirants, il a parcouru le Canada, les États-Unis, lItalie, la France, le Portugal et le Maroc. Ses compositions impressionnantes et aux vives couleurs sont appréciées des collectionneurs internationaux. Il expose depuis les années soixante dans de nombreuses villes, dont Montréal, Los Angeles et New York.