Léo Paul Tremblé, lidéaliste, était absent le jour où les fées se sont penchées sur son berceau le 16 juin 1924. Né à Kénogami dans une famille de treize enfants, il fera seul son chemin. Lhomme qui se dit attiré à la fois par le sublime et la tentation du noir avoue: Je suis un rebelle. Jai besoin de liberté. Jai besoin de respirer.
Plus tard, deux événements auront une influence décisive sur sa carrière. À dix-huit ans, lorsquil se rend visiter le Musée de Québec après avoir abandonné définitivement ses études, il reçoit le choc de sa vie. Létudiant, qui na manié jusque-là que la gouache et les crayons de cire, découvre simultanément la peinture et la femme.
Le second choc lui viendra un an plus tard à Montréal. La vue de quatre tableaux exposés dans la vitrine dune galerie dart de la rue Sainte-Catherine lémeut jusquaux larmes. Le Groupe des sept. Cette rupture didentité lincitera à quitter lusine Alcan où le nom de lemployé disparaît du registre de la multinationale pour ne figurer désormais quau bas des oeuvres qui y sont exposées.
Au début des années soixante-dix, il délaisse la peinture à lhuile pour travailler le pastel. Par ailleurs, le contact avec dautres peintres et dautres uvres favorise son cheminement. Il reconnaît linfluence quont exercée sur lui Suzor-Coté et Marc-Aurèle Fortin. Dans les galeries dart, il voit René Richard, Jean-Paul Lemieux, Albert Rousseau. Ce dernier, celui quil appelle son parrain, lui organise sa première exposition à Québec.
Cest cependant Riopelle qui lui donne le goût de rompre avec la figuration. En 1973, il le reçoit chez lui à loccasion dun voyage de pêche où ils causent longuement. « Riopelle, est un peintre du mouvement, de la matière sensuelle. Il est celui qui ma le plus donné la soif dexploration des couleurs. »
Il décède en 1995.